C’est fou comme c’est les choses. Je déboule et je flique les mots qui arrivent. C’est à cause des souvenirs. C’est pas qu’ils se font rares, c’est qu’au lieu de dessiner des crêtes bien aiguisées, avec des gammes de couleurs follement incomptables, ils se teintent d’un flou poussivement artistiques. Le fantôme DavidHamiltonien s’immisce alors qu’on lui a rien demandé. C’est la première fois que je plante ta photo à côté pour pouvoir te parler. Les absents ont toujours tort. T’as du bol, tu t’en sors bien, puisque présent tu l’es toujours. Hamilton a beau frigorifier ses reflex (après tout c’est lui qui les paye), c’est vrai que c’est flou : je te regarde, j’essaie de t’apercevoir, mais exit Hamilton, renvoyé, obsolète, pas de petite culotte, pas de seins à deviner sous des cascades de boucles de cheveux. Ce flou-là est tranchant, aiguisé justement. Un paradoxe réservé à ceux qui se souviennent, note que je n’ai pas dit privilège, juste paradoxe, réservé, j’insiste, à ceux qui vivent avec, qui vivent sans. Tu me diras, tu fais une belle économie : les antirides coûtent la peau du cul. Plus serein, ouais, un peu, par la force des choses : un dos de 98 ans alors que t’en as 40. Le pire c’est ça : le pire c’est d’être plus prudent. Comme s’il y avait, non mais écoute moi ça, comme s’il y avait quelque chose à préserver. Dis-moi quoi, j’ai raté des épisodes.
Je roule des mécaniques mais t’as raté un truc : l’œuvre du temps. Formidable ! Il en sort de bonnes choses, mais si VRAIMENT tu veux te faire une idée, tu penses à une émission comme Histoire naturelles produite par Chef d’œuvres en péril commentée par Voisin Voisine. Grosso modo on est là. Je te dis ça pour que tu ne regrettes rien. Mais il reste encore des choses à vivre ici : je nettoie la pierre tombale, je la frotte avec une petite brosse et je rince avec l’arrosoir. J’ai apporté deux pots de plantes grasses, le genre fidèle, elles tiendront quoi qu’il arrive. On dit dans les hautes sphères (j'ai le bras long) que Dieu me le rendra. Comme disait PD, si t'as d'l'étoffe et le bras long, tu coupes les manches et ça te fait un petit boléro.
ça fait longtemps que t’es plus venu remonter mes couvertures au petit matin. Pas grave, j’ai encore le souvenir bien net d’un dance-floor en Camargue, putain de moustiques. Et de ce souvenir, j’en fais une boucle à la Herbert. Point barre.
samedi 31 octobre 2009
mercredi 30 septembre 2009
vendredi 14 août 2009
C'est fait de tous petits riens...
Y a deux jours, un midi, resto japonais inconnu, première fois. Déjeuner ami. Blablablouille chaleureux, enjoué et affectueux, tout bien.
La musique déboule sur les california rolls.
Compil électro d’époque. Je bois un coup.
La grande époque de celle où chaque matin était le premier. Bref, insouciance, inconscience, celle de ne pas vieillir et même que cela n’arrivera jamais. Tu sais, un truc, la mort, auquel tu penses pas, comme les gens pas habités par l’idée d’un régime, même pas traversés par l’idée. Et pourtant qui bouffent, boivent et aiment comme si leurs jours étaient comptés. Bon, à la fin du film, on comprend qu’ils le sont, mais qu’à la fin. Je bois un coup.
Ta jeunesse éternelle nous a fait les sillons plus profonds. Des rigoles nécessaires pour endiguer les torrents. Je rebois.
Déjeuner impliqué dans la conversation, mais quand même, la musique lancinante, morceau après morceau, tous connus, tous écoutés avec toi, les uns après les autres, sushi, sashimi, maki. Bon. Je reste engagée malgré le pincement qui exhume tranquille souvenir après souvenir sans me demander mon avis, pendant que je dois bien contrôler le corps et le contenu qui file sur la langue. Pas trahir le moment. Pas pour garder le contrôle ou faire bonne figure. Non, juste le garder pour moi, car c’est à moi.
J’y penserais mieux tout à l’heure en roulant sur ma bécane, seule, je me rappellerai mieux de nos étés, de tes yeux bleux, de tes contraintes et de tes espaces temps, de tes brèches spatio temporelles dans lesquelle j’aimais m’engouffrer, puis j’arrêterai le moteur, comme je l’ai fait avec toi, comme tu m’as permis de le faire : toi, Yann, mon unique aire de repos.
Nul désir ici d’idéaliser ce que fut ta présence, ce qu’elle reste, et de pointer du doigt tes multiples refus de saut, la page ne serait pas assez longue.
J’oublie et retiens ce qui m’arrange, je pense à toi avec douceur. Et avec manque aussi, parce qu’il faut pas déconner quand même.
Manque
Manque
Manque
La musique déboule sur les california rolls.
Compil électro d’époque. Je bois un coup.
La grande époque de celle où chaque matin était le premier. Bref, insouciance, inconscience, celle de ne pas vieillir et même que cela n’arrivera jamais. Tu sais, un truc, la mort, auquel tu penses pas, comme les gens pas habités par l’idée d’un régime, même pas traversés par l’idée. Et pourtant qui bouffent, boivent et aiment comme si leurs jours étaient comptés. Bon, à la fin du film, on comprend qu’ils le sont, mais qu’à la fin. Je bois un coup.
Ta jeunesse éternelle nous a fait les sillons plus profonds. Des rigoles nécessaires pour endiguer les torrents. Je rebois.
Déjeuner impliqué dans la conversation, mais quand même, la musique lancinante, morceau après morceau, tous connus, tous écoutés avec toi, les uns après les autres, sushi, sashimi, maki. Bon. Je reste engagée malgré le pincement qui exhume tranquille souvenir après souvenir sans me demander mon avis, pendant que je dois bien contrôler le corps et le contenu qui file sur la langue. Pas trahir le moment. Pas pour garder le contrôle ou faire bonne figure. Non, juste le garder pour moi, car c’est à moi.
J’y penserais mieux tout à l’heure en roulant sur ma bécane, seule, je me rappellerai mieux de nos étés, de tes yeux bleux, de tes contraintes et de tes espaces temps, de tes brèches spatio temporelles dans lesquelle j’aimais m’engouffrer, puis j’arrêterai le moteur, comme je l’ai fait avec toi, comme tu m’as permis de le faire : toi, Yann, mon unique aire de repos.
Nul désir ici d’idéaliser ce que fut ta présence, ce qu’elle reste, et de pointer du doigt tes multiples refus de saut, la page ne serait pas assez longue.
J’oublie et retiens ce qui m’arrange, je pense à toi avec douceur. Et avec manque aussi, parce qu’il faut pas déconner quand même.
Manque
Manque
Manque
samedi 4 juillet 2009
vendredi 8 mai 2009
samedi 4 avril 2009
Serre moi
"Je dis : "qu'est-ce qu'il fait ?
Le matin il sort du bungalow. Il regarde la mer. C'est beau. Non, c'est beau, d'accord. Il regarde la mer. Bon. Il est sept heure douze. Il retourne dans le bungalow, il mange une papaye. Il ressort, c'est toujours beau. Il est huit heure treize... et après ?.
Qu'est-ce qui se passe après ? A partir de là tu dois m'expliquer le mot -heureux-".
Yasmira Reza
mercredi 28 janvier 2009
vendredi 2 janvier 2009
Quelques définitions pour aborder 2009 avec toi
Acidu : consommateur régulier de substances hallucinogènes.
Aigrivain : homme de lettres.
Armoure : ensemble de défenses qui protègent l'individu contre la douleur d'aimer.
Babarbiturique : tranquillisant assez fort pour endormir un éléphant.
Bidingue : qui délire en deux langues.
Doeil : regard embué de mélancolie.
Yanoushkou : voir figure 1.
FIGURE 1
Aigrivain : homme de lettres.
Armoure : ensemble de défenses qui protègent l'individu contre la douleur d'aimer.
Babarbiturique : tranquillisant assez fort pour endormir un éléphant.
Bidingue : qui délire en deux langues.
Doeil : regard embué de mélancolie.
Yanoushkou : voir figure 1.
FIGURE 1
vendredi 19 décembre 2008
Et voilà.
lundi 1 décembre 2008
Grand largue
mercredi 29 octobre 2008
Il pleut
C’est pas que j’ai pas le temps de scanner une photo pour illustrer les mots. C’est que les mots sont plus rapides. Il faut moins de temps pour enfoncer les touches (elles ne seront jamais usées autant que les tiennes), que pour trier LA photo, la scanner, l’enregistrer. C’est débile, je fais comme toi quand tu voulais, parfois (souvent, hein, faut pas déconner) trop faire de choses à la fois, et que tu n’installais pas de brèches pour l’essentiel. C’est mon avis, il vaut ce qu’il vaut, et nous en reparlerons quand.
J’ai vu une émission littéraire l’autre fois à la télé, où ils avaient invité un DJ. J’ai chopé l’émission à la fin, quand il mixait.
Je le vois, je vois ses mains, je les reconnais comme si je les avais faites, normal, j’ai dû shooter 2 péloches de 36 rien que sur ses mains au Sonar de je sais plus quelle année.
C’est bizarre, je reconnais les mains de DJ Spooky, mais pas sa tronche.
C’était Jeff Miles. Et les photos, c’était à la Sardine une autre année.
J’ai besoin des photos pour me souvenir, Yann.
Mais je sais que c’est pas grave, parce que l’avant a tout construit.
Sans toi, je ne serai pas ce que je suis.
J’ai vu une émission littéraire l’autre fois à la télé, où ils avaient invité un DJ. J’ai chopé l’émission à la fin, quand il mixait.
Je le vois, je vois ses mains, je les reconnais comme si je les avais faites, normal, j’ai dû shooter 2 péloches de 36 rien que sur ses mains au Sonar de je sais plus quelle année.
C’est bizarre, je reconnais les mains de DJ Spooky, mais pas sa tronche.
C’était Jeff Miles. Et les photos, c’était à la Sardine une autre année.
J’ai besoin des photos pour me souvenir, Yann.
Mais je sais que c’est pas grave, parce que l’avant a tout construit.
Sans toi, je ne serai pas ce que je suis.
mardi 30 septembre 2008
pale septembre
Il ne nous reste que peu de temps avant octobre. Je n'ose évoquer décembre. Tu nous as accompagnés tout l'été. Et voilà que septembre annonce déjà la pente glissante, le verglas glaglagla. Une accélération cardiaque, un truc pas trop progressif, pas une minimale d'after par exemple, un tambour qui grimperait trop vite, un Malher qui s'incrusterait pour nous donner le lalala funèbre d'un Herbert, je le sens arriver tout ça, et putain, jamais je ne m'y ferai. J'ai du noir plein la palette, à tous les étages, en cascade et en bouquet. Je fais comme avec les angoisses, j'anticipe les périodes : j'ai bien fermé le gaz ? quel jour on est ? j'ai fermé la voiture ? quelle heure est-il ? quel mois ? y aura pas de message hein ? Y aura rien, rien que toi qui rit et qui parle de musique, t'en as pas marre, rien que toi. Et moi je ne saurais pas que tu es par là, je ne le saurais pas car tu serais vivant.
mardi 23 septembre 2008
!!! !
mardi 19 août 2008
Août 1999
C'était pas la meilleure période, août, pour visiter Carcassonne, a priori, mais c'était le temps où les bains de foule, les bains de minuit, les bains de midi nous portaient plus qu'ils ne nous épuisaient. Bref.
Slalom dans Carcassonne, semelles qui battent le pavé, donjons, pierres ancestrales, pancartes touristiques, anglais, italien, espagnol, polonais, français, un franc. Un franc pour visiter les meurtrières, les latrines, un franc la veilleuse, pour que Dieu se rappelle à toi, parce que tu t'es souvenu de lui entre la crêpe et le panaché.
Nous sommes à nous trois, tour à tour barrière défiant les infidèles en short à fleurs, ou petit train tagada tagada voilà les Dalton.
J'accélère un brin la cadence pour sortir d'un quelconque dédale. Volte-face, t'es plus là. Je rebrousse chemin, 5 minutes trépassent et je te retrouve là, comme ça, au détour d'une rue :

C'étaient des vacances, merde !
Slalom dans Carcassonne, semelles qui battent le pavé, donjons, pierres ancestrales, pancartes touristiques, anglais, italien, espagnol, polonais, français, un franc. Un franc pour visiter les meurtrières, les latrines, un franc la veilleuse, pour que Dieu se rappelle à toi, parce que tu t'es souvenu de lui entre la crêpe et le panaché.
Nous sommes à nous trois, tour à tour barrière défiant les infidèles en short à fleurs, ou petit train tagada tagada voilà les Dalton.
J'accélère un brin la cadence pour sortir d'un quelconque dédale. Volte-face, t'es plus là. Je rebrousse chemin, 5 minutes trépassent et je te retrouve là, comme ça, au détour d'une rue :

C'étaient des vacances, merde !
vendredi 25 juillet 2008
Juillet. Déjà.
Y a rien à faire : l’été c’est toi. Et par la force des choses, l’hiver ne l’est plus. On savait que novembre était pourri, maintenant on est sûr que décembre devrait être rayé du calendrier.
J’arrive mieux à me souvenir de toi en présence de mon autre famille : celle des amis. Attachés, qu’on est tous, à tout ce qui s’est enfui : toi, et donc nous. Si personne n’a encore fait l’apologie d’un temps passé, d’une époque, on sent tous incidemment que tu as emporté un bout de chacun. En ce qui me concerne, j’aimerais bien que tu me rendes le mien.
Ici ça s’étire comme un chewing gum, le temps je veux dire. C’est peut-être à cause de ça que tu te mettais rarement sur pause : une possible préférence pour les trucs à croquer que pour ceux à mâcher. C’est un peu étrange d’imaginer des choses sur toi qu’on n’aurait jamais eu l’idée de te demander.
Supposer plutôt que savoir. La seule certitude c’est le manque, à partir de là tous les échafaudages sont des châteaux de cartes.
Il reste les moments et les lieux : les salins de Giraud, Bali, Barcelone, Endoume, Palavas, les jours, les nuits, les nuits qui ressemblent à des jours, et les jours qui s’enchaînent dans la plus parfaite innocence d’une continuité dont on n’imaginait jamais la fin.
On s’est tous fait moucher.
Sur i tunes, il n’y a aucune radio de musique électronique potable. Peux-tu faire quelque chose ?
J’arrive mieux à me souvenir de toi en présence de mon autre famille : celle des amis. Attachés, qu’on est tous, à tout ce qui s’est enfui : toi, et donc nous. Si personne n’a encore fait l’apologie d’un temps passé, d’une époque, on sent tous incidemment que tu as emporté un bout de chacun. En ce qui me concerne, j’aimerais bien que tu me rendes le mien.
Ici ça s’étire comme un chewing gum, le temps je veux dire. C’est peut-être à cause de ça que tu te mettais rarement sur pause : une possible préférence pour les trucs à croquer que pour ceux à mâcher. C’est un peu étrange d’imaginer des choses sur toi qu’on n’aurait jamais eu l’idée de te demander.
Supposer plutôt que savoir. La seule certitude c’est le manque, à partir de là tous les échafaudages sont des châteaux de cartes.
Il reste les moments et les lieux : les salins de Giraud, Bali, Barcelone, Endoume, Palavas, les jours, les nuits, les nuits qui ressemblent à des jours, et les jours qui s’enchaînent dans la plus parfaite innocence d’une continuité dont on n’imaginait jamais la fin.
On s’est tous fait moucher.
Sur i tunes, il n’y a aucune radio de musique électronique potable. Peux-tu faire quelque chose ?
vendredi 27 juin 2008
En juin, poudre de perlimpinpin
Tu ne serais guère étonné de voir maintenant, là où je suis et ce que je fais. Enfin je crois.
Il fait une chaleur à crever. Le ventilo brasse de l’air chaud, autant dire qu’il brasse du vent.
Lucie est finalement passée en L. Les cours sont suspendus, je ne passe plus par Gariel. L’occasion faisait le larron. Ça reprendra un peu plus tard dans l’été, et l’occasion sera à nouveau le charbon de la machine à souvenirs.
Il faut se raccrocher à des repères bien physiques, à des contours bien concrets, d’immeubles, de rues, de plages, pour charrier ton image.
Et puis d’autres fois, ça se glisse sans peine, à mon insu, une moiteur dans l’air, une musique que tu écoutais ou que tu aimerais sûrement et d’autres choses qui me traversent comme des fantômes de toi.
Je vois ta photo encadrée, se transformer comme un meuble de la maison, c’est à dire que je finis par ne plus la voir.
Mais je la regarde quand je m’attelle à ce bureau sur lequel tu écrivais, pour essayer d’écrire à mon tour en t’implorant de m’envoyer des mots, comme quand tu pries Dieu de t’aider quand t’es dans la merde.
J’ai peur de ce temps qui passe, pas à cause de l’oubli, c’est égoïste, à cause de ma vie qui me fait l’effet d’une main qui se resserre sur une poignée de sable. Celui du sablier.
C’est ta faute, tu nous rappelles trop tôt que ces trois minutes sont tour à tour trop longues ou trop courtes.
J’ai fait le tri des photos de toi, un boulot monstre, que de l’argentique à scanner une à une. Je m’étais dit que ça allait me faciliter quand j’aurais plus les mots pour te dire, ou quand j’aurais la flemme : une photo de toi, une légende et hop, rituel de la pensée, visite éclair, temps record pour le signe de croix, 1, 2, 3, 4. Amen.
Je les ai enregistrées dans le mauvais format, tout est à recommencer.
Je n'ai pas effacé ton numéro de téléphone. Comme dirait l’autre, on ne sait jamais.
Il fait une chaleur à crever. Le ventilo brasse de l’air chaud, autant dire qu’il brasse du vent.
Lucie est finalement passée en L. Les cours sont suspendus, je ne passe plus par Gariel. L’occasion faisait le larron. Ça reprendra un peu plus tard dans l’été, et l’occasion sera à nouveau le charbon de la machine à souvenirs.
Il faut se raccrocher à des repères bien physiques, à des contours bien concrets, d’immeubles, de rues, de plages, pour charrier ton image.
Et puis d’autres fois, ça se glisse sans peine, à mon insu, une moiteur dans l’air, une musique que tu écoutais ou que tu aimerais sûrement et d’autres choses qui me traversent comme des fantômes de toi.
Je vois ta photo encadrée, se transformer comme un meuble de la maison, c’est à dire que je finis par ne plus la voir.
Mais je la regarde quand je m’attelle à ce bureau sur lequel tu écrivais, pour essayer d’écrire à mon tour en t’implorant de m’envoyer des mots, comme quand tu pries Dieu de t’aider quand t’es dans la merde.
J’ai peur de ce temps qui passe, pas à cause de l’oubli, c’est égoïste, à cause de ma vie qui me fait l’effet d’une main qui se resserre sur une poignée de sable. Celui du sablier.
C’est ta faute, tu nous rappelles trop tôt que ces trois minutes sont tour à tour trop longues ou trop courtes.
J’ai fait le tri des photos de toi, un boulot monstre, que de l’argentique à scanner une à une. Je m’étais dit que ça allait me faciliter quand j’aurais plus les mots pour te dire, ou quand j’aurais la flemme : une photo de toi, une légende et hop, rituel de la pensée, visite éclair, temps record pour le signe de croix, 1, 2, 3, 4. Amen.
Je les ai enregistrées dans le mauvais format, tout est à recommencer.
Je n'ai pas effacé ton numéro de téléphone. Comme dirait l’autre, on ne sait jamais.
mercredi 14 mai 2008
Au cabanon
Autre temps mais même lieu : le cabanon.
On y est retournés, (des gens que tu connais et d'autres pas), de la bonne humeur, de la parlote, de la picole, bref des coups dans le nez en long et en large, parce que tu sais ce que sais : on ne change pas une équipe qui gagne.
Et toi qui reviens au milieu, coûte que coûte, vaille que vaille, parce que historiquement le cabanon c'est Monsieur A et Madame B qui nous offrent le soleil et la lune sur ce coin de paradis, et nous invitent, nous les planètes à graviter autour. On continue à former un univers : ça fait comme une famille à cause du temps et de l'histoire, sans toi certes, mais encore tout de même.
Tu reviens inlassablement dans nos mots, nos avis, nos opinions, nos souvenirs, ce qu'on croit savoir et sentir, et ce mal nous fait un peu de bien je crois, parce qu'on n'est plus seuls à essayer de digérer des recettes dont tu es le principal ingrédient.
On te met à nos sauces, mais c'est pour mieux te garder. T'es pas là, mais ta place t'attend, on te la chauffe, avec nos langues qui claquent, nos coeurs qui serrent et nos grimaces de vivants qui font comme s'ils digéraient bien, alors que ça n'arrivera jamais.
Moments d'un bout du monde, un soir où ton rire se mêlait aux nôtres, un soir que tu avais du sable plein les pieds, un soir où l'on tentait de saisir le rayon vert.
On y est retournés, (des gens que tu connais et d'autres pas), de la bonne humeur, de la parlote, de la picole, bref des coups dans le nez en long et en large, parce que tu sais ce que sais : on ne change pas une équipe qui gagne.
Et toi qui reviens au milieu, coûte que coûte, vaille que vaille, parce que historiquement le cabanon c'est Monsieur A et Madame B qui nous offrent le soleil et la lune sur ce coin de paradis, et nous invitent, nous les planètes à graviter autour. On continue à former un univers : ça fait comme une famille à cause du temps et de l'histoire, sans toi certes, mais encore tout de même.
Tu reviens inlassablement dans nos mots, nos avis, nos opinions, nos souvenirs, ce qu'on croit savoir et sentir, et ce mal nous fait un peu de bien je crois, parce qu'on n'est plus seuls à essayer de digérer des recettes dont tu es le principal ingrédient.
On te met à nos sauces, mais c'est pour mieux te garder. T'es pas là, mais ta place t'attend, on te la chauffe, avec nos langues qui claquent, nos coeurs qui serrent et nos grimaces de vivants qui font comme s'ils digéraient bien, alors que ça n'arrivera jamais.
Moments d'un bout du monde, un soir où ton rire se mêlait aux nôtres, un soir que tu avais du sable plein les pieds, un soir où l'on tentait de saisir le rayon vert.
dimanche 23 mars 2008
Pâques : monter, descendre
Hier, Maussanne et Mouriès pour recharger en huile d'olive. Détour par les Baux et passage à proximité de Fontvieille : la ballade dans ce village accroché, moi qui envoyais sévère la grimpette pour rejoindre la vue panoramique, toi content, enfant, naïf avec cet air un peu perdu. C'est la tête que te faisait le temps libre. Après, Fontvieille, restau, le papi, la salle vide, mes faux escargots (ils n'étaient pas raccords avec leurs coquilles), je voulais lui dire au papi, mais j'ai pas osé. Après je sais plus.
A Rome, Alex et moi avons trouvé ça :

ça fait penser à toi, à comment tu vivais la musique, à comment elle te vivait. Enfin, c'est ce que j'imagine.
One day, I'll understand.
T'as vu ce putain de plateau ?
A Rome, Alex et moi avons trouvé ça :

ça fait penser à toi, à comment tu vivais la musique, à comment elle te vivait. Enfin, c'est ce que j'imagine.
One day, I'll understand.
T'as vu ce putain de plateau ?
lundi 25 février 2008
Quantum
J’ai passé les plus beaux étés de ma vie avec toi.
L'évidence a brillé alors que j’attendais que le feu passe au vert. J’arrivais du 7 Gariel, j’y passe de temps en temps au retour de chez Lucie. Je construis avec elle des échafaudages de mots solides, puis je viens perdre les miens ici, sous cette fenêtre, au pied de cet immeuble qui abrita notre démesure.
Je me souviens de ce que nous avons été. Je replace mentalement les meubles, le canapé ici, le bureau là, la cuisine et le petit balcon. Alors revient le reste, comme une bouffée d’air frais en été.
Elle est étrange cette sensation d’avoir à se battre pour et contre.
Je viens en bas du 7 Gariel pour me souvenir de ce que j’ai été, qui s’est enfui et ne sera jamais plus, et ça aussi ça me fait mal. Mais je n’aimerais pas revenir en arrière, sauf pour te ramener parmi nous, si ça te convient. Mais pas revenir en arrière, non.
Et pourtant, ce furent mes plus beaux étés, parce que c'était ces autres nous-mêmes ricochant de l'incommensurable au vertigineux, de l'effréné à l'excessif, du colossal à l'astronomique, de l'exagéré à l'outrancier.
On n'y est pas allés avec le dos de la cuillère, ça non !
L'évidence a brillé alors que j’attendais que le feu passe au vert. J’arrivais du 7 Gariel, j’y passe de temps en temps au retour de chez Lucie. Je construis avec elle des échafaudages de mots solides, puis je viens perdre les miens ici, sous cette fenêtre, au pied de cet immeuble qui abrita notre démesure.
Je me souviens de ce que nous avons été. Je replace mentalement les meubles, le canapé ici, le bureau là, la cuisine et le petit balcon. Alors revient le reste, comme une bouffée d’air frais en été.
Elle est étrange cette sensation d’avoir à se battre pour et contre.
Je viens en bas du 7 Gariel pour me souvenir de ce que j’ai été, qui s’est enfui et ne sera jamais plus, et ça aussi ça me fait mal. Mais je n’aimerais pas revenir en arrière, sauf pour te ramener parmi nous, si ça te convient. Mais pas revenir en arrière, non.
Et pourtant, ce furent mes plus beaux étés, parce que c'était ces autres nous-mêmes ricochant de l'incommensurable au vertigineux, de l'effréné à l'excessif, du colossal à l'astronomique, de l'exagéré à l'outrancier.
On n'y est pas allés avec le dos de la cuillère, ça non !
dimanche 27 janvier 2008
En janvier fais ce que tu peux
Y avait ta photo accrochée au mur dans les backstage. J’ai pu la voir après avoir dégoté le sésame rose. Le mur tenait droit grâce à ce portrait noir et blanc. Pour t’oublier, il faudrait oublier la musique. Du coup, t’es là où elle est. Et nous avec. Swayzak a, je pense, envoyé tout ce qu’il avait de puissance de son, t’as dû forcément entendre. Je suis restée sur le Swayzak plus minimaliste que tu nous avais fait découvrir, donc surprise de cette déconstruction musicale supportée par des enceintes qui méritent largement des vacances : elles ont tout donné. Les artistes aussi. Mes oreilles aussi.
Tout pourrait presque ressembler à il y a dix ans, les loges, la musique, les artistes, les photographes, les potes.
Sauf qu’il y a ta photo.
Tout pourrait presque ressembler à il y a dix ans, les loges, la musique, les artistes, les photographes, les potes.
Sauf qu’il y a ta photo.
samedi 26 janvier 2008
SWAYZAK 10 years tonight
On pensera fort à toi ce soir.
C'est tout le clan Swayzak qui débarque au Cabaret, pour notre soirée electro de l'année. Et devine qui sera là aussi?
Richard Davis... Comme quoi tu avais raison, et ils ne se sont pas trouvés par hasard.
Toujours aussi classieux les Swayzak...check ce superbe clip de Speed Boat (sur ton album préféré: snowboarding in Argentina). Et oui, depuis il y a eu YouTube. S
C'est tout le clan Swayzak qui débarque au Cabaret, pour notre soirée electro de l'année. Et devine qui sera là aussi?
Richard Davis... Comme quoi tu avais raison, et ils ne se sont pas trouvés par hasard.
Toujours aussi classieux les Swayzak...check ce superbe clip de Speed Boat (sur ton album préféré: snowboarding in Argentina). Et oui, depuis il y a eu YouTube. S
mercredi 26 décembre 2007
sur facebook
Group "Yann Quélennec forever" sur facebook
From New York to Endoume: on y retrouve dèjà 29 de tes friends
From New York to Endoume: on y retrouve dèjà 29 de tes friends
Tracks de l'année. first...
Bon c'est l'heure de la sélection ultime, nos tracks de l'année 2007...Commençons par MyMy, et ce "fast freeze" en 2 parties: décollage pour moi vers 03'45''
A vous de jouer...
seb
Si le player ne fonctionne pas, à écouter directement sur deezer.com
A vous de jouer...
seb
Si le player ne fonctionne pas, à écouter directement sur deezer.com
samedi 1 décembre 2007
Saturday night (f)ever
Je suis retournée à l’endroit où tu as pris ce voilier il y a deux ans. J’ai regardé tout autour et tout semblait identique. Bon, les vagues ne sont jamais les mêmes, les galets ont bien dû changer de place sous les pas des vivants (dans le genre « égaré » on fait pas mieux, j’te jure), mais les gros cailloux et les falaises toisaient tranquillement la mer de leur air indéboulonnable. Tout pareil, me disais-je. Ah non tiens, l’année dernière je ne me rongeais plus les ongles. J’ai essayé de rassembler des souvenirs, de me rappeler toi en long en large et en travers pour que ce « pèlerinage » ait un peu la gueule d’un rituel quand même, et plus j’essayais de redessiner tes contours, plus je me disais que j’avais froid et que j’aurais bien mangé une pizza. Alors, j’ai fait traîner car c’est un bel hommage de vivant d’arriver avec sa chair de poule et ses gargouillis d’estomac. Je t’ai dit des trucs et tu m’en as répondu d’autres, et du coup on a taillé une bavette, pendant qu’EDF allumait le firmament. Je ne suis partie que lorsque nous avons fini par tomber d’accord. Je t’épargne les détais d’ici-bas, je te raconterai quand on se verra. Maintenant, le compte à rebours joue en faveur des retrouvailles.
Deux années de fêlure chez ceux qui restent : espérons que la lumière passe au travers.
Tu manques.
Deux années de fêlure chez ceux qui restent : espérons que la lumière passe au travers.
Tu manques.
vendredi 30 novembre 2007
mercredi 3 octobre 2007
Octobre
Y a quoi ? trois semaines. Je suis allée chez ED, tu sais le pendant de Carrouf, pour ceux comme moi qui n’ont guère les moyens, mais qui ont cependant toujours besoin d’un tube de vaseline au moment de l’addition.
Mais avant la caisse, avant les femmes voilées, dont même les yeux étaient quadrillés, avant la caissière, je dois le dire, à l’élégance crasse et à l’accent à couper au couteau, mais indiciblement attachante, j’étais dans les rayons. Enfin, dans ce qu’on peut appeler des rayons chez ED.
J’avais mis les tomates et le basilic dans le chariot, parce que je n’avais pas le temps d’aller à Noailles.
Je tombe sur un cadre photo noir en bois, probablement fait en Chine, ou dans n’importe quel pays crève la dalle. J’y ai instinctivement placé ta photo noir et blanc, ma photo, celle que j’avais prise dans le Gers et qui orne ton blog, putain de bordel de merde posthume, et j’ai vu que ça ferait bien. Chez moi. En moi.
Y avait pas le prix. J’ai mis les fromages dans le chariot, les boissons, tout le bordel qui rend un frigo vivant, et en passant à la caisse, j’ai été agréablement surprise par le prix du cadre. Je ne me souviens pas exactement, mais ça ne devait pas dépasser les 4 euros. C’est pas une question de prix à la base, c’est juste que j’ai vu CETTTE photo dans CE cadre. Mais je t’avoue que s’il avait dépassé les 5 euros, j’aurais été emmerdée. Tu vois, à presque 40 ans, être juste certains mois à ce point-là, c’est dur, mais ça ne mérite pas que tu ne sois plus là.
J’ai mis la photo dans le cadre. J’ai attendu trois semaines avant de la poser sur le radiateur. Odile l’a vue, parce qu’elle aime cette photo, et je me suis aperçue que je l’avais affichée pour moi, pour elle et pour toi. Je n’ai pas besoin de t’avoir sous les yeux pour ne pas t’oublier, il suffit que je sois ce que je suis, et ce que je vais devenir. Comme pour Jade : elle porte cette petite photo de toi prise à Bali dans son portefeuille. Elle ne sait pas que je le sais, enfin elle ne sait pas que j’ai fouillé : un moment d’égarement.
Je ne regrette rien, ni les bons, ni les mauvais moments, ni la séparation parce que c’était honnête.
Christian et Brigitte poursuivent leur œuvre en concrétisant ta vision. Hervé parle de toi, Paul, Alex, Odile et tous ceux que j’oublie parce qu’il est tard, mais pas assez encore pour venir danser avec toi. Est-ce que Dieu ou ses anges ont du bon matos pour rendre le bon son ? Est-ce que tu es bien ?
S’il te plaît, envoie moi un signe pour savoir s’il vaut mieux passer l’arme à gauche ou continuer à appliquer du Oil of Olaz. Ces derniers temps, j’ai des doutes.
A bientôt.
nat
Mais avant la caisse, avant les femmes voilées, dont même les yeux étaient quadrillés, avant la caissière, je dois le dire, à l’élégance crasse et à l’accent à couper au couteau, mais indiciblement attachante, j’étais dans les rayons. Enfin, dans ce qu’on peut appeler des rayons chez ED.
J’avais mis les tomates et le basilic dans le chariot, parce que je n’avais pas le temps d’aller à Noailles.
Je tombe sur un cadre photo noir en bois, probablement fait en Chine, ou dans n’importe quel pays crève la dalle. J’y ai instinctivement placé ta photo noir et blanc, ma photo, celle que j’avais prise dans le Gers et qui orne ton blog, putain de bordel de merde posthume, et j’ai vu que ça ferait bien. Chez moi. En moi.
Y avait pas le prix. J’ai mis les fromages dans le chariot, les boissons, tout le bordel qui rend un frigo vivant, et en passant à la caisse, j’ai été agréablement surprise par le prix du cadre. Je ne me souviens pas exactement, mais ça ne devait pas dépasser les 4 euros. C’est pas une question de prix à la base, c’est juste que j’ai vu CETTTE photo dans CE cadre. Mais je t’avoue que s’il avait dépassé les 5 euros, j’aurais été emmerdée. Tu vois, à presque 40 ans, être juste certains mois à ce point-là, c’est dur, mais ça ne mérite pas que tu ne sois plus là.
J’ai mis la photo dans le cadre. J’ai attendu trois semaines avant de la poser sur le radiateur. Odile l’a vue, parce qu’elle aime cette photo, et je me suis aperçue que je l’avais affichée pour moi, pour elle et pour toi. Je n’ai pas besoin de t’avoir sous les yeux pour ne pas t’oublier, il suffit que je sois ce que je suis, et ce que je vais devenir. Comme pour Jade : elle porte cette petite photo de toi prise à Bali dans son portefeuille. Elle ne sait pas que je le sais, enfin elle ne sait pas que j’ai fouillé : un moment d’égarement.
Je ne regrette rien, ni les bons, ni les mauvais moments, ni la séparation parce que c’était honnête.
Christian et Brigitte poursuivent leur œuvre en concrétisant ta vision. Hervé parle de toi, Paul, Alex, Odile et tous ceux que j’oublie parce qu’il est tard, mais pas assez encore pour venir danser avec toi. Est-ce que Dieu ou ses anges ont du bon matos pour rendre le bon son ? Est-ce que tu es bien ?
S’il te plaît, envoie moi un signe pour savoir s’il vaut mieux passer l’arme à gauche ou continuer à appliquer du Oil of Olaz. Ces derniers temps, j’ai des doutes.
A bientôt.
nat
dimanche 5 août 2007
Pas fashion
Ça faisait longtemps depuis la dernière fois. Il faut dire les choses comme elles sont. Ça faisait longtemps parce que j’ai pas vraiment eu le temps de penser à autre chose qu’à moi. Alors je me dépêche de rapporter ta visite, parce que demain ce sera pareil.
T’es venu en costume blanc hyper moulant. Jusque là y a pas mort d’homme, enfin si, mais non. Attends, rigole pas, le cliché en prend plein la gueule à cause de cette panoplie ultra moulante, je suis désolée de le dire, mais moule burnes quand même, un truc qui te ressemble vraiment pas, toi le porteur de baggy aux mille poches. Tu mettais un temps fou à retrouver ce que tu cherchais, fallait fouiller toutes les poches, et encore, quand tu le retrouvais.
C’est pour ça que le costume moulant immaculé façon Batman, j’en suis restée comme deux ronds de flan. Et après tu t’es mis à marcher au plafond, comme dans le Dracula de Copola, pour venir jusqu’à moi. Et on a parlé, on a souri, c’était des retrouvailles presque comme je les imagine, avec toutefois une ombre indicible en arrière plan.
Non seulement, ceux qui ont échoué à leur CAP d’électromécanique seront allègrement en mesure d’interpréter toute la portée psychanalytique de cet instant onirique, poil au tique, mais je pense, au risque de paraître optimiste, que c’est même du niveau de certains psychiatres.
Quant à moi, je te le dis, il n’existe aucun mot pour te dire l’irrémédiable faille et le bonheur de te retrouver, mais la prochaine fois change de costume, c’est vraiment ridicule.
T’es venu en costume blanc hyper moulant. Jusque là y a pas mort d’homme, enfin si, mais non. Attends, rigole pas, le cliché en prend plein la gueule à cause de cette panoplie ultra moulante, je suis désolée de le dire, mais moule burnes quand même, un truc qui te ressemble vraiment pas, toi le porteur de baggy aux mille poches. Tu mettais un temps fou à retrouver ce que tu cherchais, fallait fouiller toutes les poches, et encore, quand tu le retrouvais.
C’est pour ça que le costume moulant immaculé façon Batman, j’en suis restée comme deux ronds de flan. Et après tu t’es mis à marcher au plafond, comme dans le Dracula de Copola, pour venir jusqu’à moi. Et on a parlé, on a souri, c’était des retrouvailles presque comme je les imagine, avec toutefois une ombre indicible en arrière plan.
Non seulement, ceux qui ont échoué à leur CAP d’électromécanique seront allègrement en mesure d’interpréter toute la portée psychanalytique de cet instant onirique, poil au tique, mais je pense, au risque de paraître optimiste, que c’est même du niveau de certains psychiatres.
Quant à moi, je te le dis, il n’existe aucun mot pour te dire l’irrémédiable faille et le bonheur de te retrouver, mais la prochaine fois change de costume, c’est vraiment ridicule.
jeudi 10 mai 2007
Bouillabaisse
Comme quoi suffit d’attendre.
Tu te grattes le crâne, les yeux dans le vague, en essayant de stopper l’hémorragie de la mémoire. Tu cherches, tu t’interroges, toi, puis les objets connus. Rien. Nada. Queut’.
Au bout d’un moment, tu laisses pisser, tu vas pas te mettre à bouffer de la poiscaille tous les jours, tu sais incidemment que ça n’a rien à voir avec le phosphore.
Et d’un coup, hop ! une musique, une couleur, un machin qui te déroule le parchemin. Mais c’est épisodique. Ça l’est de plus en plus.
Mais t’inquiète, la vie se charge de tout, et en particulier de ta gueule. Et quand elle a décidé de te tomber dessus avec une frénésie de bulldozer, la mémoire te revient. C’est con, mais c’est comme ça.
Si tu as une légère tendance à vouloir comprendre ce qui t’arrive, il est préférable de choisir une période de référence suffisamment conséquente (une décennie c’est pas mal, quoiqu’un peu long, tous les cinq ans ça me paraît bien), pour retracer l’itinéraire que tu as emprunté, repositionner les sorties de route, les pneus qui crèvent, le beau chemin de campagne, on est perdu, ah non je vois une lumière. Ah non.
Tout ce qui fait le sel de la vie comme on dit. Va te baigner avec ta plaie au genou, tu vas voir ce qui te fait le sel de la vie.
Tout ce tointoin pour dire au final qu’il suffit que je me retrouve dans la merde pour que ma mémoire brille au firmament. Comme je te revois bien précis, avec tous tes contours de partout et que j’entends ta voix basse, du coup ça brûle moins ici et ici.
Si un jour on t’avait dit que tu aurais du sens, ça t’aurais ému cinq minutes, et tu serais retourné t’acharner sur le clavier.
Vieux motard que jamais.
Nat, philosophe de 1h 30 à 1h 50.
Tu te grattes le crâne, les yeux dans le vague, en essayant de stopper l’hémorragie de la mémoire. Tu cherches, tu t’interroges, toi, puis les objets connus. Rien. Nada. Queut’.
Au bout d’un moment, tu laisses pisser, tu vas pas te mettre à bouffer de la poiscaille tous les jours, tu sais incidemment que ça n’a rien à voir avec le phosphore.
Et d’un coup, hop ! une musique, une couleur, un machin qui te déroule le parchemin. Mais c’est épisodique. Ça l’est de plus en plus.
Mais t’inquiète, la vie se charge de tout, et en particulier de ta gueule. Et quand elle a décidé de te tomber dessus avec une frénésie de bulldozer, la mémoire te revient. C’est con, mais c’est comme ça.
Si tu as une légère tendance à vouloir comprendre ce qui t’arrive, il est préférable de choisir une période de référence suffisamment conséquente (une décennie c’est pas mal, quoiqu’un peu long, tous les cinq ans ça me paraît bien), pour retracer l’itinéraire que tu as emprunté, repositionner les sorties de route, les pneus qui crèvent, le beau chemin de campagne, on est perdu, ah non je vois une lumière. Ah non.
Tout ce qui fait le sel de la vie comme on dit. Va te baigner avec ta plaie au genou, tu vas voir ce qui te fait le sel de la vie.
Tout ce tointoin pour dire au final qu’il suffit que je me retrouve dans la merde pour que ma mémoire brille au firmament. Comme je te revois bien précis, avec tous tes contours de partout et que j’entends ta voix basse, du coup ça brûle moins ici et ici.
Si un jour on t’avait dit que tu aurais du sens, ça t’aurais ému cinq minutes, et tu serais retourné t’acharner sur le clavier.
Vieux motard que jamais.
Nat, philosophe de 1h 30 à 1h 50.
dimanche 1 avril 2007
lundi 5 mars 2007
Décrochage
Le tic tac continue et les mots se disposent à la façon d’un bouquet japonais : avec de grands vides au milieu. Si le souvenir des moments communs s’estompe, les chemins que tracent ceux qui t’ont croisé sont la preuve de ton passage. Tu sens ? Il y a dans leurs pas ton effluve, comme celle, tenace et lointaine, d’un bouquet de mimosas.
Je suis restée sur les anciens repères : la 206 bleue, un commerçant, le bureau de poste, une marque de chaussures, un paysage, une plage. Je ne sais pas pourquoi je dis ancien : sans doute parce tu sors de mon champ de vision quand je te cherche encore dans la 206, alors que tu roules en scooter. Y a des trucs comme ça.
C’est sûr qu’on aurait été tous mieux à attendre ensemble. Mais est-ce que ç’aurait été mieux pour toi aussi ?
En attendant d’hypothétiques retrouvailles, il y a une boite exotique sur la table de chevet, la litho de Schiele au mur, la musique de Chet Baker en fin d’après midi, deux tickets de cinéma sur le bureau, deux boites en porcelaine dans la salle de bains.
C’est le parcours balisé de ma mémoire. Des bouts de toi pour se lever, écrire, se laver un peu quand même, dormir. Et recommencer.
nat
Je suis restée sur les anciens repères : la 206 bleue, un commerçant, le bureau de poste, une marque de chaussures, un paysage, une plage. Je ne sais pas pourquoi je dis ancien : sans doute parce tu sors de mon champ de vision quand je te cherche encore dans la 206, alors que tu roules en scooter. Y a des trucs comme ça.
C’est sûr qu’on aurait été tous mieux à attendre ensemble. Mais est-ce que ç’aurait été mieux pour toi aussi ?
En attendant d’hypothétiques retrouvailles, il y a une boite exotique sur la table de chevet, la litho de Schiele au mur, la musique de Chet Baker en fin d’après midi, deux tickets de cinéma sur le bureau, deux boites en porcelaine dans la salle de bains.
C’est le parcours balisé de ma mémoire. Des bouts de toi pour se lever, écrire, se laver un peu quand même, dormir. Et recommencer.
nat
jeudi 18 janvier 2007
1 an après...
1 an après, c'est toujours le grand vide. Il ne se comblera jamais. Le seul lieu ou tu es toujours présent yann, c'est dans ma tête. A jamais.
Gitan
Gitan
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